#02 Astuces – Nourrissez votre œil

Collectif de graphistes professionnelles

Pour savoir ce que l’on aime, il faut goûter à tout. Autrement dit il faut s’intéresser un peu au graphisme et se construire une « culture graphique ».

La culture graphique s’acquiert, elle est partout, accessible, elle est multiple, elle suit des codes, elle se joue de ses codes même, et surtout elle est votre.

Mais à quoi ça sert d’avoir une culture graphique ? À plein de choses évidement. Elle sert à savoir ce que l’on aime ou pas, ce que l’on veut. Elle sert à être créatif·ve, à avoir des idées, en mélangeant les sources, en rebondissant sur l’existant (on vous fera un petit point bientôt la dessus aussi : comment être créatif·ve). Elle sert aussi à comprendre comment ça marche, quels sont les codes utilisés, d’où viennent-ils, que produisent-ils en nous ? Bref, la culture graphique c’est un peu une base.

Bon alors maintenant, comment on fait ? On retourne à l’école ? On attrape au vol des informations du quotidien ? Finalement, on peut faire tout ça, mais nous on va plutôt vous filer des petites choses à faire, quand on n’est pas spécialistes.

En prenant du recul

Sur ce que l’on voit au quotidien en se posant des questions :

  • Ça j’aime, ça je n’aime pas. Pourquoi : qu’est ce que j’aime dans cette publicité ? Le ton, les couleurs, la photos, les dessins,…
  • Est-ce que je trouve ça efficace ? Pourquoi : est-ce que je me sens concerné·e ou pas du tout, par quel moyen ?
  • Qu’est-ce que ça provoque en moi ? Est-ce que je trouve ça drôle, touchant, classe, rassurant,…

En compilant

Des magazines, des livres, des publicités dans la rue, des catalogues qui arrivent dans votre boîte aux lettres, des affiches de cinéma, des emballages de jus de pomme, bref tout ce qui vous tombe sous la main. Une petite pochette à élastiques pour ranger tout ça et le tour est joué.

Ça, c’est la technique « en vrai », après il y a internet… et un potentiel immense ! Plusieurs outils existent pour se faire une sorte de pochette à élastiques du net :

  • Pinterest
    Plateforme de partage d’image et de création, plus « do it yourself »
  • Behance
    Plateforme de partage d’image et de création, plus « artiste »
  • Le web en général
    Puis se faire une planche type moodboard (« planche d’humeur ») sur le logiciel en ligne Canva

En ayant des références

Comme dans tous les domaines, il y a des acteurs de référence sur qui on peut s’appuyer et qui façonnent la culture graphique :

Les livres, les musées, la culture officialisée. C’est un peu plus traditionnel mais c’est un fait : cela fait plusieurs milliers d’années que l’humain représente visuellement des choses et c’est l’histoire de la communication visuelle. Il existe énormément de livres sur ce vaste sujet et notre seul conseil est d’y naviguer selon sa sensibilité, que soit un ouvrage sur la peinture byzantine du 12e siècle ou la dernière expo sur Bansky le graffeur anonyme.

Des médias. Il existe quelques médias spécialisés sur le sujet. Le plus important en France est Etapes, après il y a beaucoup de magazines anglo-saxon.

Des faiseurs, les agences de communication, les blog de graphistes, de web-designers, de photographes, d’illustrateurs. Sur ce point c’est un vrai travail de veille qui s’impose. On peut vous citer quelqu’un que l’on suit mais a vous de trouver ceux que vous préférez. Graphéine, Olybop, Fanette Mellier, Pollen Studio, Helmo

Si vous en arrivez à cette dernière étape, vous rentrez petit à petit dans le monde professionnel des arts visuels.